- Présentation du Légué : (Guy Prigent)
Traversé par Le Gouët qui se jette dans la mer à son embouchure, le Légué tire son nom d'un gué existant au lieu de l'ancien port appelé Favigo et servant de point de communication entre Saint-Brieuc et Plérin. Jusqu'à la Révolution, le Légué dépendait territorialement de trois paroisses : Plérin, Saint-Brieuc et Cesson. Le Gouët séparait les deux premières tandis que le Gouédic, au cours plus modeste, matérialisait l'indépendance de Cesson à l'égard de la paroisse briochine de Saint-Michel. Cesson, en tant qu'entité communale, ne conserva pas longtemps le privilège de ce débouché portuaire puisque dés août 1792, elle fut rattachée à la municipalité briochine. Cependant, la commune révolutionnaire souhaitait intégrer une partie de Trégueux et la totalité de Cesson, en englobant le port en entier avec ses voies de halage, rive gauche, jusqu'à la mer sur une largeur de 100 pieds. Les futures limites communales furent adoptées le 16 décembre 1791 par la commune et le Conseil général du district, par la Cadoare (propriété du Chapitre cathédral) et Couvran. A hauteur du ruisseau de la Ville-Gilette, la limite coupait l'estuaire vers la Tour de Cesson en englobant tout son promontoire. Le 6 avril 1792, le Directoire départemental examinait ces propositions mais rejeta tout ce qui concernait Plérin parce que l'homme ne devait pas détruire ce qu'avait fait la nature en séparant Plérin de Saint-Brieuc par un fleuve. Cet arrêté servit de base au décret de la Législative (15 août 1792) qui rendait les Cessonnais briochins à part entière. L'influence du nouveau régime sur la vie maritime du Légué fut déterminante. Jusqu'au 18ème siècle, le Légué ne présentait qu'un port d'échouage. En un peu moins de cent ans, le rive plérinaise se trouva pourvu de près d'un kilomètre de quais. En 1793, l'ingénieur Le Brun dresse un projet d'achèvement du quai dont le contrôleur Lambert avait posé la première pierre à la veille de la Révolution. Les premiers travaux du port furent achevés en l'An III de la République (1794), payés sur les fonds répartis par le Conseil général du département. Le chemin de halage fut ouvert sur une longueur de 700 mètres, du jardin du citoyen négociant Denis, au lieu-dit le 'Croc-au-Havre'. 20 ans plus tard, en 1814, l'ingénieur Treton prolongera ce chemin vers le village de 'Sous-la-Tour', et il faudra attendre l'année 1834 pour que l'ingénieur en chef Le Cor le fasse aboutir à la 'Pointe-à-l'Aigle'. C'est ce parcours qu'empruntera au début du 20ème siècle (en 1911), le chemin de fer de Saint-Brieuc jusqu'au phare de l'Aigle (terminus), par les boulevards suspendus et le viaduc de Souzain, conçu par l'ingénieur Harel de la Noë. Alors que la canalisation du Gouët en aval du pont se poursuivit sur les plans de Perrond, isolant davantage le moulin de Souzain. La ligne de chemin de fer sera supprimée en 1954, et ultérieurement, en 1995, le viaduc de Souzain (conçu par Harel de la Noë) qu'il empruntait pour franchir le Gouët.
- Amélioration de l'accès routier au port du Légué au cours du 18ème siècle : (Guy Prigent)
Déjà en 1731, le devis descriptif des premiers travaux portuaires projetés par l'ingénieur Thévenou, présentait le Légué comme un port propre à l'usage du commerce de ces cantons environnants, à condition que son accès en soit facilité. Dans les années 1733-34, on procéda à l'amélioration du chemin (actuelle 'vieille côte du Légué') qui porta, dès lors, le nom de 'Chemin Neuf'. Avant cette époque, ce n'était guère qu'une sente ravinée qui menait des 'Forges' (actuelle 'rue du Port') à 'Port Favigo'. Mais ces travaux étaient insuffisants. En 1755-56, d'importants travaux rendirent enfin carrossable ce 'chemin Neuf'. En 1779, la communauté de ville s'occupait du percement de la rue Neuve de Gouët, au point bas de la 'Grille', pour doubler la rue de Gouët alors très fréquentée et toujours encombrée. Cette nouvelle voie facilitait la fréquentation du port au charroi des bois de construction pour la marine marchande et la Royale. En 1878, l'ingénieur Pelaud rappelait que la construction du pont reliant les deux rives ne devait être et ne fut en effet que le prélude des ouvrages devenus indispensables pour faciliter l'accès du port et améliorer les conditions de stationnement, de chargement et de déchargement des navires. La communauté de ville, aidée souvent par l'évêché et même par des particuliers, s'imposa de grands sacrifices pour atteindre ce résultat.
- Les premiers ponts et les aménagements du Gouët : (Guy Prigent)
Depuis la destruction du pont du légué, le franchissement de la rivière se faisait à gué, comme avant 1730. Pour remédier à cet état de choses, on construisit vers 1780, vis à vis de la maison Favigo, une passerelle en bois, de 33 mètres de longueur et de 1, 80 mètre de largeur. Elle était submersible et supportée par des chevalets qui formaient neuf travées d'inégale largeur. Elle était uniquement à l'usage des piétons et des cavaliers. Cet ouvrage, qui fut établi aux frais des habitants et qui fut, à diverses reprises, l'objet de réparations importantes, n'a été supprimé qu'en 1827, selon le rapport de Pelaud (1878). En même temps que l'on construisait au milieu du 18ème siècle, le quai d'Aiguillon, on s'occupait de rectifier la rivière vis à vis du manoir de Rohannec'h (construit en 1625). Le nouveau chenal était ouvert et praticable depuis 1774. Mais on n'abandonna pas l'ancien lit, sur le bord duquel, existait, près de Rohannec'h, un important chantier de construction navale. En 1783, on décida enfin de rectifier le sinuosité de la rivière. L'ingénieur Pelaud dressa le projet d'un canal d'environ 300 mètres qui aboutissait du pont au quai d'Aiguillon. Ces travaux ne furent terminés qu'après 1786.
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